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(DES)ILLUSIONS

 

 

On vit une époque épique, quoiqu’opaque.

 

Nous dégorgions d’enfermeurs, de masqueurs de bas de visages, de hérisseurs de barrières, d’experts antinomiques, enfin de dérouleurs de barbelés dans la prairie de notre liberté proscrite.

 

Nous avons ingéré, par deux fois, une potion magique venue d’ailleurs, à nous offerte, dans des vaccinodromes insolites.

 

Liberté enfin recouvrée, il a fallu leur montrer, sur les murs de la Galerie Inattendue, vos œuvres libératrices, natives d’un confinement qui avait trop duré.

 

Aujourd’hui, elles s’étalent en haut de l’affiche, en dix fois plus gros que n’importe qui.

 

Liberté que nous avons tant chérie, enfin acquise ou semblant acquise ; mais pourquoi faire ?

 

Si nous nous sommes référés, toutes proportions gardées, aux talentueux Eluard et Léger ; nous n’avons pas pour autant compter jouir de leur renommée posthume. Nous ne sommes pas des marchands de gloire.

 

Mais pour réveiller sans cesse l’inquiétude du talent, renverser la certitude du confort artistique, enfin pour refouler l’obsession du chef-d’œuvre, il nous fallait y croire et ne laisser place à aucun désenchantement possible.

 

Oui, un jour viendra où balayant les désillusions des lendemains qui ne chantent pas, vous leur montrerez que vous avez du talent. La Galerie Inattendue est là pour çà.

 

Paul CONTI