PORTRAIT NATALICCHI.jpg

Elyane Natalicchi

Ma pratique artistique utilise principalement la photographie plasticienne mélangée avec les arts plastiques, et la vidéo. Ces techniques me permettent de travailler dans l’espace et le mouvement. J’applique souvent en photographiant ou en filmant, des perceptions  ressenties à travers la pratique de la danse contemporaine, que je développe ensuite en concepts. Ainsi, je peux me déplacer à travers ces différentes disciplines, en utilisant leurs points communs perceptifs et en supprimant leurs frontières.

Mélangeant peinture et photographie argentique, brouillant leurs frontières, déviant les normes de la révélation (révélation argentique au pinceau, série « Setting light », technique de l’empreinte et du contact photographique, exposition au stylet lumineux, sténopés (« Traces d’images »), ou actuellement mélangeant argentique et numérique, ou photographie numérique et peinture (techniques d’empreinte, transfert dans la peinture, intégration de textures peintes) dans le but de retrouver le contact et l’empreinte virtualisés et mis à distance dans le monde actuel de l’imagerie numérique (série « Moonrise » où j’effectue des interventions picturales sur l’impression de la photographie initiale, redevenant un support dans lequel je retravaille la matière pigmentaire…) ou travail en pose longue sur le temps photographique et le temps intérieur (série «Reflected Nights») brouillant les limites de la représentation mimétique. C’est au contact de la nature, des éléments, du vent, de la pluie, de l’eau, de la terre, des arbres, à différents moments de lumière, que je ressens des perceptions illuminées par la pratique de la danse et du bouddhisme, me transportant de plus en plus vers le spirituel et l’abstraction. Selon ce que je ressens ou perçois au contact de la nature, je dessine avec  les mouvements de mon appareil photographique ou de ma caméra. Le paysage devient un grand corps vibratoire … et non plus une représentation mimétique du réel.

C’est dans cette démarche que les images du projet « Reflected Nights » ont été élaborées: perceptions et sensations de ces instants au contact de la nuit, dans la colline des Hauts de Magnan, imprimées dans les mouvements de mon appareil photographique: ces présents à la limite du saisissable, rencontre du « visible » et du « peu visible »…

Les prises de vues en pause longue brouillent la représentation photographique mimétique du paysage, et recomposent un temps intérieur; les fragmentations décomposent le point de vue unique de la photographie traditionnelle.

“Marche dans le paysage”, au contact de la nuit: ces présents multiples à la limite du saisissable…

“Marche dans l’image” : jeux, utopies, illusions …

Fragments superposés, effacés, bords de la représentation photographique noircis, brouillés, surimpressions, vertiges, tourbillons, la vision rémanente perturbe le «visible » et ses représentations photographiques mimétiques, et se réfléchit indéfiniment… 

 Interrogation sur le point de vue et la vision : qu’est ce qu’on voit ? et sur la rencontre entre le visible et le peu visible.

J’utilise ici la photographie comme un lieu d’expériences s’affranchissant du souci d’imiter l’apparence des choses et de reproduire le monde: la photographie n’est pas qu’un moyen de reproduction du réel…

Qu’est ce qu’une image? Comment se construit-elle intérieurement? Comment revient-elle, persiste t’elle et se répète dans la mémoire?

Diplômée en arts plastiques et cinéma, licence, maîtrise, et photographie, Ecole d’Art de Luminy, Marseille, Professeur Arts plastiques.