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Raphaëlle Prestigiacomo

Raphaëlle Prestigiacomo est née en 1995. Elle vient des arts de la scène.
Comédienne de formation, elle cherche un dialogue entre l’univers de la photographie et celui du théâtre. Le cadre d’une image fait office de scénographie; espace dans lequel des personnages apparaissent, disparaissent, laissent des traces.
En jeu comme en photographie, il est question d’écoute, de disponibilité, de présence à l’espace.

Dé-création

 

Je rattache ma recherche esthétique pour cette série, “Dé-création”, à l’univers du dramaturge norvégien, Jon Fosse qui me fascine depuis plusieurs années.
 Dans ses textes, le silence est partout. Le temps est dilaté, les êtres apparaissent et disparaissent dans le mystère. Les vivants et les morts se rencontrent. Rien n’est arrêté.
 C’est une langue très pure, tour à tour sombre et angoissante, ou lumineuse et spirituelle.

 

Cette série est née pendant une période de résidence de création théâtrale de deux mois. Deux mois de vie de compagnie, d’enfermement, parfois. 
Parenthèse de vie collective intense.

Se désaxer, se déposséder, se perdre un peu chaque jour, mourir un peu à soi, pour chercher à plusieurs.
 Avec eux, grandir.

Accepter les petites défaites, les morsures du quotidien, les incohérences. Rester en éveil; dans l’inconfort, parfois, et le doute souvent.
 Ne pas s’endormir.

Profiter des rares instants de solitude, de flânerie dans le silence des champs, le vide, pour refaire ses forces.

Deux mois qui ancrent, questionnent, ouvrent à l’écoute du vivant, des énergies.

Désillusion, plus d’idéal désincarné: retour au concret de la matière.