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Richard Roux Giuge

Je suis né à Nice le 12 février 1952, j’y et y travaille. J’ai été enseignant et conseiller pédagogique en arts plastiques, j’ai quitté ces fonctions en 2013 et depuis je me consacre exclusivement à mon travail de plasticien. Je m'intéresse aux images, au monde visible et à sa représentation, à l’imaginaire et à son bestiaire, de ce fait mon travail est essentiellement figuratif, quoique conceptuel aussi. Je privilégie le travail en série, celui-ci me permet de me plonger totalement pendant un laps de temps, dans un univers que j’ai choisi. L’actualité, la mémoire, les souvenirs de l’enfance, les émotions, les lectures, les collections, l’histoire de l’art sont pour moi les influences essentielles de mon travail.

Je ne peux pas dissocier l’affect des thèmes choisis, je suis dans le partage, le cœur et l’essence des choses.

La spécificité de mon travail consiste à glisser entre l'image et le spectateur un dispositif emprunté aux techniques de l'imprimerie et de la typographie mais traité à la main (pinceau). De la sorte, la peinture permet d'établir une distance entre le motif et la perception qu'en a le spectateur. Je simplifie le trait au maximum pour dégager l'essentiel du sujet, j'ôte son superflu pour mettre à nu sa mémoire. D'abord je choisis une photo sur une attirance visuelle, puis avec l’aide de l’informatique j'applique les modifications désirées pour arriver à l’impression voulue. Ensuite je projette l’image sur la surface que je vais utiliser, ici le papier, que je prépare à l’avance avec des encres délavées pour obtenir un fond coloré, mon mélange noir profond et mat (encre d’imprimerie + gouache + encre de Chine) et mon geste au pinceau faisant le reste.

Je propose pour le thème « liberté » un diptyque qui fait partie d’une série que j’ai intitulée « Viens je t’emmène… », la liberté retrouvée!

 

Le regard a une mémoire indépendante qui dépasse son objet.

En retard sur un monde où tout accélère, toujours plus conceptuelle que ce qu’elle entend représenter, la peinture possède un immense avantage : elle est hantée par la « revenance » des images.

Ce qui n’empêche pas de peindre (avec) son temps. Et, comme les zombies, de revenir de temps en temps embêter vivants et photographes.

(Ingrid Lughet-Gad)